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"So, how long has it been ? _ More or less five minuts. 't is time." Privates Donovan and McKinnon exchanged a glance and moved to the sickbay, followed by the young boy. They knocked on the door and entered. Commodore Norrington was sitting back to them, silent. Captain Crow was lying on thje bed, saying : "I'm confused, I thought he would have told you... He's so talkative, sometimes..." Right at this moment, she saw them and stopped. Private Donovan coughed and said : "Sorry Sir... Governor Swann demands to see you right now." Commodore Norrington got up and turned at them. He looked like he had been hit behind the head. But he promptly settled down and answered : "That's alright, gentlemen. I am going." He turned at Crow and bowed. "I shall be back soon? _ Pray, take your time. I understand perfectly." (Inachevé) Tags associés : 1-21
Lundi 17 Août 2009Poster un commentaire
"So, what did he tell you ?" Victoria Crow was lying on her side in the bed, looking at Commodore Norrington who was sitting near by her. He smiled. "Are you worried about what he might have said ?" She had a short chuckle. "Well, you know... One's got one's secrets... and my father doesn't know what discretion means." He smiled again. "If that may be of any comfort, mine does not know either." She laughed, but had to stop quickly. "God, it hurts ! _ I'm sorry... _ 't's alright. My fault, after all." Short silence. "So ? What did he say ?" He laughed too. "You never surrender, do you ? _ A true pirate never does. _ All right. Actually, he did not say much. Just that you had been married - but you had already told me - and..." He stopped. "And ? _ And that you had had a child." She sighed. "Papa, I'm gonna kill you." He leant forward and took her hand. "Is it so terrible ? Why don't you want me to know ?" She sighed again and had a wave. "It's not that I don't want you to know, it's just... you know... long story." He smiled. "Just tell me..." She let her head drop on the pillow. "Well... Nothing much to say... _ So, what is it ? A long story, or nothing much ?" She smiled. "Kind of both. It's long, but if you sum it up... there's not much left. I was - what ? Thirteen ? Something like that. He was older than me. My first man. Had known him for yeras. It happened like that. I never thought I'd get pregnant that young, but..." She shrugged. "My father sent me back in Port Royal when it turned difficult to hide. He - I mean, the father - doesn't even know of her. _ 'Her' ? It was - It's a daughter ?" She looked at him right in the eyes. She seemed surprised. "What ? My father didn't tell you ? _ What did he not tell me ?" She tried to sit up but finally only took a more comfortable position. "My daughter... it's Beryl, the girl you arrested with me." Tags associés : 1-20
Dimanche 16 Août 2009Poster un commentaire
Cela se produisit plus tôt qu'elle ne le pensait. Juste après le coucher du soleil, ils vinrent à la prison. Sans armes, mais déterminés. Certains étaient très jeunes. le geôlier ouvrit la grille. Ele était assise sur le matelas, les regardait. Elle savait pourquoi ils venaient. Elle n'avait pas peur. Dans la cellule d'à côté, Sparrow s'était levé, intrigué. Ils entrèrent dans la cellule, et le geôlier referma la porte derrière eux. Elle se leva et croisa les bras. Le plus vieux s'approcha d'elle, saisit son épaule et la tira au milieu du groupe. Alors, les premiers coups commencèrent à s'abattre sur elle. Elle répliqua sans un son, mordant, griffant, frappant. Mais ils étaient six. Elle tomba à terre. Un pied heurta sa tête. Quelque part, au-delà du son des coups et des grognements des hommes, elle put entendre une voix appeler à l'aide, leur crier d'arrêter. Et puis plus rien. Un voile rouge descendait devant ses yeux. Elle les ferma. Elle avait l'étrange impression d'être jetée de pied en pied, pareille à un ballon que les soldats échangeraient. Elle ne pleurait pas, ne criait pas. Le seul son qui s'échappait de ses lèvres était le chuintement involontaire de l'air sortant de ses poumons maltraités. Enfin, ils la laissèrent s'écrouler sur le sol, à moitié morte. Le plus âgé dit : "ça suffit, les gars. Elle doit être vivante pour demain." Il frappa du poing contre la grille pour qu'on vienne leur ouvrir. Trois autres le suivirent, parmi lesquels le plus jeune. Mais deux restèrent. "C'est pas assez. Elle a tué deux des nôtres. Elle doit payer pour ça, et bien plus cher !" Celui qui avait parlé déchira sa chemise. Elle n'avait plus assez de forces pour résister. L'autre défit son pantalon. Elle savait ce qu'ils allaient faire. Et elle n'y pouvait rien. Bientôt, elle put sentir le poids de ces hommes sur son ventre, elle put entendre leurs grognements près de son oreille, elle put sentir l'odeur de leur sueur, elle les avait au plus profond d'elle-même. Immobile, absente, elle attendait seulement qu'ils en aient fini, qu'ils la laissent... ou l'abattent. "Donell ! Tucker ! Arrêtez ça tout de suite !" Mais ils prirent le temps de finir ce qu'ils avaient commencé avant de partir. Ils n'eurent pas un regard pour la femme à demi consciente qui gisait sur le sol, blessée, ensanglantée. Le geôlier referma la grille et quitta la prison en même temps que les six soldats. Le silence s'abattit sur les cellules. Ils auraient souhaité ne pas voir ce qui venait de se passer. Les quatre pirates emprisonnés ensemble se regardaient, embarassés. Sparrow, qui avait été mis KO par les soldats, reprenait ses esprits. Il avait vu ce que les soldats avaient fait, mais le coup qu'il avait reçu l'avait privé de compréhension pour quelques minutes. A présent, il s'efforçait d'atteindre la main de Victoria à travers la grille. Elle était immobile, pleurant en silence. Il attrapa le bout de ses doigts. "Là... Là..." Elle tourna les yeux vers lui, vit son cocard. "Ils t'ont... frappé... toi aussi ?" Il hocha la tête. "Ce n'est rien. Mais toi ? Comment tu te sens ?" Elle chuchota : "ça ne fait mal... que quand je respire..." Elle eut un petit rire qui mourut à peine éclos et agrippa sa main. "Pas un endroit de mon corps qui ne soit douloureux. Je sais ce que c'est. Je sais comment ça se passe, ce n'est pas la première fois. J'irai mieux très vite, je te le jure. Seulement... ne me laisse pas pour le moment... s'il te plait..." Il hocha la tête. "Je suis là, Victory. Je reste là." Elle soupira. "Merci, Jack." Elle referma les yeux, roula sur le flanc et ramena ses genoux contre sa poitrine. J'ack s'allongea le long de la grille, tenant toujours sa main. Ils restèrent ainsi quelques minutes, quand la porte s'ouvrit. Le commodore Norrington entra. Il vit les quatre prisonniers, silencieux et mal à l'aise, et il aperçut Sparrow. Il fronça les sourcils, descendit l'escalier, et s'avança vers la troisième cellule... "Miséricorde !" La vue de cette femme nue, ensanglantée, prostrée, fut un choc. Norrington attrapa la grille et hurla : "Geôlier ! Geôlier, ouvrez cette porte !" Le geôlier sortit en courant de son bureau et vint obéir au commodore. Norrington se jeta dans la cellule et s'agenouilla près d'elle. Il la tourna sur le dos, murmurant : "Doux Jésus... Qui a bien pu faire ça ?" Sans regarder le geôlier, il lança sèchement : "Que s'est-il passé ? _ Oh, je n'sais pas, Sir. Pour sûr, j'n'en sais rien ! _ Pour sûr, il ne sait pas." Norrington tourna la tête vers Sparrow. Le pirate tenait toujours la main du capitaine Crow, mais s'était redressé et regardait le commodore. Il répéta : "Pour sûr, il ne peut pas le savoir." Quelque chose dans son ton mit la puce à l'oreille de Norrington. "Que voulez-vous dire ?" Sparrow ricana. "Il ne peut pas le savoir, Commodore, puisqu'il n'était pas là... Il leur a juste ouvert la porte et l'a refermée derrière eux. Bon Dieu, Commodore, comment diable pourrait-il savoir ?" Il y avait comme du venin dans les paroles de ce pirate ivrogne. Il y avait de la rage, de la colère. Il y avait la vérité. Norrington baissa d'un ton et demanda sèchement : "Qui ? _ Des soldats. _ Combien ? _ Six. _ Des noms ? _ Deux seulement. Donell et Tucker. Ils se sont occupé du pire." Norrington tiqua. "Que diable pourrait être pire que cela ?" Sparrow répondit par un long regard appuyé dans la direction de Crow. Norrington mit quelques instants à comprendre, et blèmit. "Vous... Vous ne voulez pas dire que... _ Hé, officier ! Pourquoi croyiez-vous qu'elle était nue ?" Norrington en resta sans voix. Derrière lui, le geôlier était immobile. Il avait le sentiment que les choses étaient allées trop loin. Il n'osait pas s'enfuir, mais il savait que, s'il ne le faisait pas, il aurait de sérieux ennuis... Le commodore se releva, ramassa la cape sur le lit et la drapa autour de Crow. Puis il sortit de la cellule, prit les clefs des mains du geôlier, referma la grille et alla à la porte. De là, il appela : "Gillette !" Mr Gillette apparut. "A vos ordres, Sir. _ Mettez-moi cet homme en état d'arrestation. Puis trouvez-moi les soldats Tucket et Donell et amenez-les ici. J'exige de savoir qui étaient lkes quatre autres. Et faites appeler un médecin. Tout de suite. _ A vos ordres !" répondit Gillette en faisant claquer ses talons. L'ordonnance claqua des doigts et quatre soldats entrèrent pour arrêter le geôlier, sous le regard glacial du commodore Norrington...
Dimanche 16 Août 2009Poster un commentaire
La promotion de Norrington fut officialisée deux jours plus tard. Victoria Crow était toujours vivante et suivit la cérémonie depuis la petite fenêtre de sa cellule. Elle avait promis à Norrington qu'elle le ferait, afin de vérifier s'il tenait parole. De fait, elle était là, debout sur sa paillasse et agrippant les barreaux pour ne pas tomber. Les autres pirates, deux cellules plus haut, se moquaient d'elle, mais elle n'en avait cure. Elle attendait le moment où James Norrington demanderait enfin à Miss Elizabeth Swann, la fille du Gouverneur, de l'épouser. "Alors c'est elle..." avait-elle dit lorsque, la veille, il la lui avait montrée par la fenêtre. "Certes, elle est jolie. Elle a l'air parfaitement incorrecte par rapport à son rang, mais je suppose que cela fait partie de son charme. Par contre, qu'est-ce qu'elle est jeune !" Norrington avait paru si déconcerté et si triste de cette dernière remarque qu'elle avait ajouté très vite : "Mais ne vous en faites pas, Commodore : quand je me suis mariée, j'avais seize ans, et mon mari (Dieu ait son âme !) en avait trente et un. Et je vous jure que, jusqu'à sa mort, nous nous sommes toujours bien entendus. Quand on aime, l'âge n'est pas un problème." Pieux mensonge... Il avait hoché la tête, et l'avait laissée. Et à présent, elle était là, à attendre qu'il dise à la femme qu'il aimait qu'il voulait l'épouser. Magnifique. Quand Miss Swann tomba à l'eau, le capitaine Crow se laissa tomber sur le sol de sa cellule avec un profond soupir.. Elle savait que cette fille serait sauvée, d'une manière ou d'une autre. Elle était la fille du Gouverneur, la Marine au grand complet sauterait à la baille pour la garder au sec. Peuh. Si ç'avait été elle, ou Beryl, on les aurait laissées se noyer. Norrington lui avait dit que, si elle n'avait pas été une pirate, ils auraient pu devenir amis. Non, lui avait-elle répondu. Parce que, si elle n'avait pas été une pirate, elle aurait été une catin. Parce qu'elle était une femme que, là d'où elle venait, les femmes n'avaient pour ainsi dire pas d'autre alternative. Si elle avait été un garçon, et pas un pirate, alors, peut-être, elle aurait été sous ses ordres. Qui sait ? Voilà à quoi elle songeait quand le geôlier s'arrêta juste devant sa cellule. il s'était conduit bizarrement, ces deux derniers jours. Le capitaine Crow avait le sentiment que quelque chose de mauvais allait lui tomber dessus. Elle ne savait pas quoi, exactement, même si elle en avait une vague idée, mais elle pensait savoir pourquoi. Elle ne bougea pas. Le geôlier non plus. Jusqu'à ce que la porte s'ouvre et que six soldats entrent, portant un homme inconscient. Mr Gillett, l'ordonnance de Norrington, fermait la marche. Le geôlier se dirigea vers la cellule suivante, entre celle de Crow et celle des autres pirates, et en ouvrit la porte. Les soldats y jetèrent l'homme et reculèrent, tandis que Mr Gillett expliquait : "Mr Sparrow a rendez-vous avec la potence demain matin, et le Commodore souhaite qu'il soit à l'heure. _ Il le sera, monsieur. Pour sûr. _ Nous l'espérons, Mr Dove." Crow s'était levée en entendant le nom de Sparrow et s'était silencieusement approchée de la grille séparant leurs deux cellules. Elle s'agenouilla. 2tait-ce vraiment... "Jack Sparrow ?" Elle avait chuchoté, mais l'homme, qui reprenait connaissance, l'avait entendue, puisqu'il répondit : "CAPITAINE Jeck Sparrow ! Qui le demande ?" Il s'assit sur le sol, secouant le tête, puis se tourna vers elle. Apparemment, il savait qu'il la connaissani... mais ne parvenait pas à remettre un nom sur son visage. "Hé ! Toi... Tu es... Tu es... Foutredieu, je sais qui tu es ! Tu es... La fille d'Edward Crow... de Black Eddy ! Argh, quel est le nom ? Victory ! C'est ça ! Victory Crow ! _ Vic-to-ri-a ! _ Peu importe. Ca veut dire la même chose." Elle fronça les sourcils. Elle n'avait pas revu Jack depuis des années, mais il n'avait guère changé, contrairement à elle. Il ramassa son tricorne et le coiffa. "Alors, mon coeur, quoi de neuf ? ça fait un bail... _ Quelques années. Comme tu peux le voir, j'ai été arrêtée et je dois être pendue demain. _ Magnifique ! Nous serons deux ! _ Merveilleux... Et toi, que racontes-tu ? _ A dire vrai, j'étais venu à Port Royal pour réquisitionner un bâtiment. Mais... Et bien... Une règle d'or, Victory : ne jamais secourir une demoiselle en détresse. Elles ne sont jamais reconnaissantes." Elle sourit. Mais, tandis qu'ils discutaient, elle regardait les soldats du coin de l'oeil. Les six hommes et le geôlier bavardaient ensemble, en lui lançant des coups d'oeil noirs. Quoiqu'ils fussent en train de comploter, cela se déroulerait très certainement ce soir même...
Dimanche 16 Août 2009Poster un commentaire
"Laissez-nous, Donovan." Le soldat Donovan salua et sortit. Quand le capitaine Norrington donnait un ordre, il était plus sage d'obéir promptement, car, sous son flegme britannique, le capitaine n'était pas des plus patients. Norrington tenait toujours le chapeau et la cape. Il les tendit à la prisonnière. "Vous les aviez oubliés." Victoria Crow était assise sur le sol, adossée au mur, le visage tourné vers l'étroite fenêtre à barreaux qui éclairait vaguement la cellule. Elle eut un geste vague, mais ne se leva pas, ne dit rien. Norrington prit un siège et s'assit devant la cellule. "Quelque chose ne va pas, n'est-ce pas ? _ Peuh. Qui s'en soucie ?" répliqua-t-elle avec un court ricanement. Il soupira. "Moi." Elle se tourna vers lui et il put voir, aux deux traces luisantes dans la poussière qui couvrait son visage, qu'elle avait pleuré. Elle haussa les épaules. "C'est sans importance. De toutes façons, je serai morte dans quelques heures. _ Quelques jours serait plus exact." Elle ricana. "Quelle chance !" Il croisa les jambes. "Vous ne voulez vraiment pas me dire... ? _ Inutile. Mais merci quand même. _ Est-ce à propos de votre mère ?" Son sourire tordu s'évanouit. "Comment... ? _ Vous n'avez pas pleuré à sa mort. _ Je ne voulais pas désespérer Beryl. _ C'est très noble." Il y eut un court silence. "Qu'est-ce qui vous fait croire qu'elle sera en sécurité au milieu de pirates ? _ Elle y sera toujours plus en sécurité qu'au mauvais bout d'une corde. Et quoi que vous en pensiez, les pirates sont aussi capables de respect." Il lui lança un regard sceptique, mais elle haussa les épaules. "Avez-vous peur de la mort, Capitaine Crow ?" lui demanda-t-il soudain. Elle eut un petit rire. "Non. Pourquoi le devrais-je ? Rien ni personne ne m'attend. Ni ami, ni famille, ni amant. Pas même mon équipage qui, en vertu du code, doit déjà obéir à mon successeur. _ Voilà qui sonne quelque peu amer... _ J'ai rempli ma tâche. Je n'ai aucune raison d'être amère, ni effrayée." Elle se leva et s'approcha de lui, agrippant les barreaux. "Et vous, Commodore ? _ Je vous en prie, ne m'appelez pas ainsi. Je ne suis pas encore... _ Mais vous le serez bientôt. Pour sûr. Et il se peut que je ne vive pas assez longtemps pour vous donner ce titre officiellement. Vous êtes un homme de valeur, James Norrington." Il se sentait plus confus et flatté qu'il ne l'aurait jugé raisonnable. Il toussa. Elle sourit et prit le chapeau et la cape, qu'elle jeta sur la paillasse. Puis elle recula et s'assit à côté de ses effets, délaçant sa vaste chemise. Stupéfait, il balbutia : "Qu'est-ce que... Au nom du ciel, que faites-vous ?" Elle s'immobilisa quelques secondes et répondit sur le ton de l'évidence : Je me mets à l'aise... Je n'ai plus besoin de ressembler à quelque chose, l'exécution a été repoussée..." La chemise était à présent assez largement ouverte, et l'on pouvait presque voir sa poitrine - du moins, son épaule droite était complètement découverte. Norrington rougit et s'obligea à regarder ailleurs. Elle éclata de rire. "Allons, Commodore, vous êtes un marin ! Ce n'est pas la première fois que vous voyez un corps de femme !" Il ne répondit pas, mais rougit plus encore. Elle cessa immédiatement de rire et le regarda. "Ne me dites pas... Funérailles ! Cela veut-il dire que vous êtes toujours... _ Silence, pour l'amour du Ciel !" la coupa-t-il précipitamment. "Je ne veux pas que toute la Marine soit au courant !" Elle ne répondit pas, mais, saisissant le cordon de sa chemise, la referma, couvrant ainsi ses épaules. "Merci," dit-il. Elle sourit. Il y eut un court silence. Soudain, elle demanda : "Est-elle jolie ? _ Je vous demande pardon ?" demanda-t-il, pris au dépourvu. "La femme que vous aimez, est-elle jolie ?" Il rougit violemment, suffoqué. Elle eut un petit rire. "Apparemment, oui." Il toussa pour se donner une contenance, mais finalement articula : "Qu'est-ce qui vous donne à penser que je... Enfin, je veux dire... _ Commodore, s'il vous plait ! Je suis une femme, sous mes atours masculins. Les femmes sentent ce genre de choses. Et votre réaction est la meilleure des preuves." Après quelques secondes, il répondit : "Elle est belle à mourir pour elle. Une femme parfaite. _ De grande qualité, hein ? _ Plus grande que la mienne, je dois dire." Crow eut un sifflement admiratif. "Une aristocrate... J'espère que vous la connaissez depuis longtemps, Commodore... _ Des années." Elle hocha la tête et se leva, étirant ses bras. "Et bien, elle a de la chance, qui qu'elle soit. _ De la chance ?" demanda-t-il. Décidément, cette femme le surprenait et le déconcertait. Ses paroles étaient toujours pour le moins enigmatiques, et il avait la mauvaise impression d'en manquer une importante partie. Elle bailla un peu et, croisant les bras, répondit : "Ouais, de la chance. Elle est aimée par un homme droit et valeureux. Toutes les femmes en rêvent. Très peu le vivent." Il demeura silencieux quelques instants. "Avez-vous déjà été amoureuse, Capitaine Crow ? Je veux dire, vraiment amoureuse ?" Cette fois-ci, c'était son tour à elle d'être surprise. Elle prit le temps de réfléchir, et répondit enfin : "Trois fois. La première fois, il y a très longtemps. Je n'étais qu'une gamine, donc je ne crois pas que ça compte vraiment. La deuxième fois, il a été tué. La troisième fois, récemment. Sans espoir. _ Pourquoi cela ? _ Parce qu'il en aime une autre. Je ne crois même pas qu'il me considère comme une femme. Peu importe." Elle haussa les épaules. De nouveau, silence. "Allez-vous lui demander sa main ?" Encore une fois embarassé, il tourna son regard vers le mur. "Il faut toujours que vous posiez la question la plus gênante... _ C'est-ce que les gens aiment chez moi," répondit-elle avec son fin sourire en coin. Il soupira. Elle vint à la grille et posa sa main sur son bras. "N'ayez pas honte, Commodore. Je dois être pendue dans quelques jours, tout ce que vous me direz mourra avec moi. Et même si je n'était pas condamnée, je ne dirais rien. Croyez-moi." Il hésitait. Mais il finit par avouer : "Je n'ose pas. _ Funérailles, pourquoi ça ? _ Je vous ai dit qu'elle était d'un rang nettement supérieur au mien. Je ne suis qu'un marin, et elle est bien plus jeune que moi... Je ne suis pas sûr de pouvoir la rendre heureuse... _ Pour l'amour du Hollandais Volant !" explosa-t-elle. "Pourquoi les hommes sont-ils donc toujours stupides quand ils sont amoureux ? Vous l'aimez, non ? Et pour de vrai, apparemment ! Alors pourquoi ne feriez-vous pas son bonheur, à cette petite princesse ? Allons, Commodore, un peu de courage ! Et promettez-moi une chose avant que je ne meurre : sitôt que votre promotion sera officielle, allez lui demander sa main !" Elle paraissait si sérieuse et déterminée à obtenir cela de lui, qu'il hocha la tête. Elle insista : "Promettez-le moi ! Je veux l'entendre de votre bouche !" Elle lui tendait la main. "Si vous ne me donnez pas votre parole d'honneur que vous le ferez, vous ne le ferez jamais." Il hésitait encore. Elle soupira. "Considérez ça comme la dernière volonté d'une mourante. Vous n'auriez pas le coeur de me refuser ça, n'est-ce pas ?" Il hésita encore un peu, puis saisit enfin sa main. "Très bien. Je vous le promets." Elle sourit. "Merci. _ Mais pourquoi vous préoccupez-vous donc tant de... _ J'ai mes raisons," le coupa-t-elle avec un vague geste de la main. Norrington hocha la tête. Il avait la nette impression qu'elle ne s'expliquerait pas plus. Il tira sa montre, jeta un oeil. "Il se fait tard. Je dois partir. Mais je reviendrai demain." Elle s'était rassise sur sa paillasse et haussa les épaules. "Vous savez, vous n'êtes pas forcé de le faire... Il n'y a aucune obligation. _ Je sais. J'en ai seulement envie." Il se leva et remit le siège à sa place. "A demain, Capitaine Crow. _ Bonne journée, Commodore Norrington."
Samedi 15 Août 2009Poster un commentaire
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